August 28, 2015

Cher Grand-Père,

Il y a quatre ans, à minuit, j’étais avec Maman et je ne dormais pas. J’avais les yeux fixés sur le réveil. Minuit un, le téléphone de la maison sonne. Minuit deux, Maman revient auprès de moi, avec le téléphone. Minuit trois, j’entends un homme dire “Il est mort”. En portugais. Minuit quatre, j’entends Maman pleurer et courir jusqu’à Papa. Minuit cinq, je perçois toujours les sanglots de Maman, mais je suis trop faible pour me lever. Minuit six, les larmes me montent aux yeux. Minuit sept, je pleure.
A 9h05, je me lève. Papa et Maman ne sont pas là. Je décide de me préparer un bol de céréales. Je verse le lait dans le bol et m’apprête à le mettre au micro-ondes lorsque je le laisse tomber et se briser en mille morceaux. Exactement comme mon cœur. Le fracas du plâtre résonnait comme le démembrement de mon organisme. Je me suis couchée sur le carrelage froid, j’ai observés les morceaux brisés, et, soudain, mes larmes ont repris. Je ne pouvais plus m’arrêter. As-tu assisté à cette scène ? Ou étais-tu en train de regarde Grand-Mère ? Je ne sais pas. Peut-être que tu avais plusieurs yeux pour voir tes proches anéantis par ta disparition, ou peut-être que tu n’en avais que deux, comme un humain normal.
J’espère que tu ne m’en veux pas de ne toujours pas être allé te voir sur ta tombe, Maman, Marraine et Grand-Mère ont réussit, pas moi. Je refuse de te dire adieu, et je sais que, si je vais sur ta tombe, ce sera le cas. Je veux continuer à penser que tu es toujours là, alors je ne vais pas te voir. J’ai trop peur que ce soit nos adieux. Je ne veux qu’un “au revoir”. Rien d’autre.
Tu me manques et le simple fait d’entrer dans ta chambre, chaque été depuis ta mort, me fait pleurer. J’embrasse la photo de nous deux le jour de mon baptême, je te dis à chaque fois les mêmes mots “J’espère que tu es heureux, là où tu es”, avant de fermer la porte. Ton souvenir hante la maison, tu es partout, je sens toujours ton âme me suivre, j’ai l’impression que tu es attaché à mon corps, que tu ne peux plus t’en détacher, mais cette impression disparaît lorsque je quitte la maison. Là, je suis revenue chez moi, en France, mais ton souvenir est toujours là. Je le sais, je le sens, et j’espère que tu penses à moi, ton unique petite-fille, ton joyaux.
Je t’aime.

Ta petite-fille
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